La Hadopi ne veut pas mourir

Alors que le gouvernement Ayrault prend ses marques doucement, certains ministères semblent avoir pris au pied de la lettre la formule « Le changement, c’est maintenant ». Fleur Pellerin, propulsée ministre chargée des PME, de l’Innovation et de l’Economie Numérique, a réaffirmé la volonté de François Hollande de lancer le chantier du post-Hadopi promptement.

Enfin entre le désir trépignant de changement et l’apathie de l’appareil parlementaire, il y a des mois. Poussez d’un coup sec la poussière sous le tapis qu’elle retombe mollement sur votre clavier d’ordinateur.

hadopi La Hadopi ne veut pas mourirAvant l’été s’ouvrira une grande concertation pour un Acte II de l’exception culturelle qui devrait tôt ou tard tirer un trait sur la Hadopi. Si la ministre a précisé que l’avenir de l’autorité sera définitivement scellé au terme de cette concertation, elle ne mâche pas ses mots à l’encontre de l’orphelin du feu président Sarkozy : « la Hadopi a fait perdre un temps précieux à notre pays car elle est injuste et inefficace. Aucune solution n’a été apportée à la question de la rémunération des artistes et le dispositif répressif a été aussitôt battu en brèche par les nouveaux modes de partage. » (propos recueillis par ITespresso.fr)

Le méchant de cinéma que tu crois qu’il est mort, mais en fait non

Fleur Pellerin estimait sur le plateau de France 3 que la concertation serait bouclée en six mois. Un délai réfuté dès le lendemain par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture qui a confié sur les ondes de France Inter qu’aucun calendrier n’était fixé pour le moment. Mais le temps que la concertation aboutisse, qu’un projet de loi soit rédigé, qu’il soit débattu, amendé et totalement digéré par l’appareil parlementaire, la Hadopi reste fonctionnelle. Elle jouit d’un sursis indéterminé couplé à une incertitude sur l’aboutissement de la concertation.

Il est difficile d’estimer les conclusions d’une concertation qui s’annonce mouvementée. Sentant le vent de l’alternance tourner, la Haute Autorité s’est assouplie ces dernières semaines niveau répression. Ne pas en tirer des conclusions trop hâtives. Personne n’est à l’abri de recevoir un courrier des plus inconvenants dans sa boite aux lettres dans les mois qui viennent.

En attendant de savoir si oui ou non la chaise électrique sera dressée, la Hadopi ne se laisse pas étouffer dans le couloir de la mort. Elle vient de publier une offre d’emploi de chargé de recherche pour mettre en valeur ses résultats. Ultime tentative pour mettre en lumière quelque vertus de la Hadopi ? Pour Pascal Rogard, directeur de la SACD, il faut « faire le bilan du système actuel, qui a permis de faire baisser le peer-to-peer et d’augmenter la fréquentation du streaming. »

Sans doute une manière pour la Hadopi de balayer devant sa porte avant le grand départ, et surtout de rassurer l’industrie du cinéma qui se plaint d’un certain relâchement sur la lutte contre le téléchargement illégal. Pierre Lescure pourrait d’ailleurs se voir confier par le gouvernement une mission de concertation sur la Hadopi, en attendant.

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