La dictature du Like

Le « Like » est devenu un moyen d’expression de son accord, ou désaccord, et est rentré dans les mœurs sociales sur Facebook. Il est également devenu un outil de mesure conscient ou inconscient de popularité au sens global du terme. Un simple clic parfois très sectaire qui mérite un brin de réflexion.

DisLike La dictature du Like

Les réseaux sociaux ont pris, au fur et à mesure de leur évolution, la place de nombreuses petites actions du quotidien. Et c’est surtout le cas de Facebook qui a fini par se faire accepter comme une plateforme de rencontre des goûts et des couleurs chez des centaines de millions de personnes. Les intéractions incessantes, et surtout ce besoin de mettre « j’aime » sur des publications ou des pages, avec un entourage finalement plus ou moins proche, posent diverses questions. Le Like réduit-il la prise de position à un niveau minimal ? Conforte-t-il des élites intellectuelles et commerciales ? Est-il un gage de popularité ? Remplace-t-il de petits gestes du quotidien ? Et au final, ne désocialise-t-il pas ?

Minimaliste

L’exemple fut flagrant pendant la campagne présidentielle qui a fait vibrer et réagir un grand nombre d’utilisateurs. Sur chaque commentaire était apposé son pesant de « Like », comme pour accorder une note à une prise de position. Le commentaire le plus plébiscité sera donc celui choisi par la majorité, et gagnera en crédibilité. Seulement voilà, ce fait de liker réduit le débat à un niveau inférieur à celui qu’il devrait être, même s’il est vrai qu’il permet de condenser des discutions à des niveaux décents.

Élitisme

Mais du coup, ces preneurs de parole sont confortés dans leur rôle de meneur. Et en y regardant de près, ce sont toujours les mêmes personnes qui réagissent sur tel ou tel sujet, et qui récoltent leur lot de « J’aime ». Cet élitisme n’a pas qu’un aspect politique, et il s’applique à de nombreux domaines. D’ailleurs, le propre de Facebook est aussi d’arranger son journal à sa sauce, afin qu’il vous corresponde et qu’il ne soit pas non plus « comme celui de tout le monde ». Il faut qu’il se différencie, qu’il soit aimé.

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Évidemment, le like élitiste n’a pas qu’une portée chez les particuliers. Pensons aux marques, qui soignent leur e-réputation à chaque fois que quelqu’un s’abonne à leurs publications. Et s’adonnent par conséquent au jeu de qui aura le plus de fans.

Socialgeek explique dans un article que « la gourmandise des marketeurs pour les indicateurs s’est immédiatement accaparée le like comme LA référence pour l’évaluation ». D’autant plus que le « deviens fan », remplacé finalement par le « aime », n’est pas une vérité absolue. Certes, c’est jouer sur les mots, mais c’est aussi mensonger. Au fait, le saviez vous : il est possible d’acheter des fans sur Facebook, et des abonnés sur Twitter.

Quête de crédit

L’élitisme intellectuel sur Facebook amène tout naturellement à la notion de crédibilité, ou plus simplement de popularité. La démarche est pourtant plus poussée sur Twitter que sur Facebook puisque « ajouter un ami » a une dimension sociale bien particulière tandis que « s’abonner » ne souffre presque d’aucune ambiguïté.

Bref, du coup la popularité Facebook se réduit généralement au cercle d’amis mais se répercute sur divers lieux sociaux. Il est omniprésent dans les cercles type lycée ou fac. Obtenir des Like sur Facebook assure un gain de popularité. Et avez-vous vus comme beaucoup de « j’aime » en attirent beaucoup d’autres ? Sorte de conformisme. On tombe donc vite, sur Facebook, dans les mêmes stéréotypes que nous assènent sans cesse les teens-movies américains. « Se faire liker », c’est être populaire.

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Un like = un sourire

Ce clic furtif devient tellement une habitude qu’il s’est mis à remplacer des petits gestes du quotidien comme un sourire, une brève conversation, ou passer voir quelqu’un. Il est devenu le gage que la personne s’intéresse encore à vous et voit ce que vous faites. D’ailleurs, on ne like pas les publications de n’importe qui, n’est-ce pas ?

Antisocial ?

Au final, pas vraiment. Évidemment, les arguments exposés si dessus sont valables ou feront face à une levée de boucliers de la part des moins convaincus. Pierre de Kerimel, sur Socialgeek explique que « c’est bien tout le problème du like : il n’y a pas à l’heure actuelle de méthode d’analyse de l’outil. En termes scientifiques, on en est encore à l’âge de pierre, et le protocole expérimental consiste purement et simplement à regarder qui a la plus grosse ».

Néanmoins, il est primordial d’accorder tout de même un pouvoir socialisant à ce « Like » qui finalement étend des actions bénignes à une sphère sociale immense où tout est « likable ». Mais « aimer » quelque chose pixelisé sur un écran a-t-il la même portée socialisante que démontrer son « amour » dans la vraie vie ? Ce n’est pas si sûr.

 Un article bien complet proposé par Socialgeek

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